Aventures dans la déconstruction ?

Woot woot le comeback de la sorcière la plus paresseuse du monde.

Cet article va être un ramassis probablement assez fouillis des différentes réflexions qui ont modifié mon approche de la sorcellerie de manière assez profonde. J’ai envie d’écrire ça de manière assez légère mais on verra bien. <3

Les dernières années ont été un arrêt quasi total de ma pratique. L’environnement dans lequel j’étais qui n’y était pas propice m’a permis de prendre du recul, de cogiter sur ce que cela signifiait pour moi. Ca a été un processus assez lent, nourri par les réflexions féministes, queers et par une exploration de genre et de sexualité. J’ai gardé près de moi les plantes, les rêves et les petits rituels, mais j’ai petit à petit envoyé valsé une grande partie des règles sur lesquels la base de ma pratique s’était crée. Les règles très binaires qui sont présentes partout, et qui s’appliquent merveilleusement bien à chaque petit élément de la sorcellerie. Blanc, lumière, masculin, athamé, chaud, feu, air contre noir, sombre, féminin, coupe, froid, eau, terre et toutes les correspondances qu’on peut y rajouter. Au fur et à mesure, je me suis rendu compte que ces règles ne correspondaient ni à la manière dont je percevais le monde, ni à celle dont je me percevais moi même.

C’est une vision très queer qui s’est installée petit à petit, remettant en question tout ce que j’avais sagement mémorisé toutes ces années durant. Parce que mine de rien, le monde de l’ésotérisme est quand même attaché à sa binarité (coucou la Wicca). Cela tend à mettre à l’écart toute une frange queer, qui ne s’identifierait pas à ce fonctionnement. Les symboles phalliques ne sont pas l’apanage des hommes, certaines femmes ont des pénis et vice versa, le symbolisme classique est pour moi devenu assez obsolète. D’où l’appellation de sorcière que j’ai adopté, même en étant un homme (plutôt) cis, et puis c’est plus chargé que sorcier, voilà.

Le problème étant que ces règles sont rassurantes, tellement qu’on y est conditionnés à force de se les répéter, et une fois ce garde-fou tombé, l’appel sorcier s’est fait plus ténu. J’ai toujours du mal à me repérer. Il s’agit de reconstruire petit à petit tout une mythologie, un système de symboles et de rituels, qui me paraissaient acquis et que, ben en fait non, plus trop.J’essaye donc de trouver ça à travers des approches moins conventionnelles, des travaux d’artistes, des discussions et pas mal de travail sur mes rêves. J’aimerais quand même pouvoir reprendre des bouquins avec ce nouvel oeil, et je pense que je m’y attellerai quand mon budget d’étudiant me le permettra héhé (si vous avez des suggestions je suis tout ouïe).

Donc voilà l’état actuel des choses, un joyeux fatras queer et sorcier que j’essaye de mettre en ordre petit à petit.

Des bisous <3

 

 

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Bitches i’m back.

Bonjour !

Je ne suis pas mort.
La fin de l’été est toujours synonyme d’un retour vers la sorcellerie pour moi. Et cette année l’approche de l’automne annonce un changement vers un environnement qui me semble plus propice à m’épanouir. Je compte donc tenter de relancer ce blog en même temps qu’un semblant de pratique, peut être déterrer de vieux brouillons, faire le point sur ce qui s’est passé en hum hum trois ans, probablement faire du ménage pour laisser la place au neuf. Ce ne sera probablement rien de très formel, peut être passager.

Des bisous.

Le baume des Fossoyeurs.

L’autre jour, un baume est né.

Destiné à aider au passage des esprits des animaux restés attachés à leur dépouille,  il est composé de quatre ingrédients et d’une base de baume. J’ai donc lancé dans un bain marie d’huile d’olive et de cire d’abeille parfumée, du cyprès, arbre des morts, ainsi que de la molène, pour communiquer avec l’En-Dessous. Puis du gaillet et de la résine de pin les ont rejoint, parce que je les associais à un rayon de lumière à travers l’ombre. Cette petite lumière si étrange qui mène bien souvent aux plus belles découvertes.

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En résulte donc un baume aux senteurs de conifère, à appliquer sur les mains et les paupières lors d’un rituel destiné aux esprits,  accompagné d’une offrande de fumée ou d’alcool. Et, Magie !

La fragile constance.

Le Gaillet (Galium Album) s’est présenté à moi l’été dernier.

C’était la première fois que je la voyais, mais j’ai tout de suite été attiré par cette plante. Très discrète au milieu des hautes herbes avec ses tiges fines et ses minuscules fleurs blanches, elle dégage pourtant une intense odeur de miel lorsqu’il fait chaud. Et j’avoue que c’est cette odeur qui m’a attiré en premier chez elle. J’en ai donc cueilli un brin et laissé un cheveu en échange, comme un gage.
L’odeur est puissante, particulièrement lors de la dessiccation et des grosses chaleurs, caractéristique que le Gaillet partage avec sa cousine l’Aspérule (Galium Odoratum, parfois Asperula Odorata). Il faut encore que je tripatouille un encens avec tout ça, en espérant que le parfum résiste à la chaleur !

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Gaillet des marais (G. Palustre), qui cohabite chez moi avec le Gaillet Blanc (G. Album).

Je l’ai associée, sans trop y penser à la chance, la prospérité, mais aussi aux rêves, au crépuscule
et au sommeil, par analogie avec le miel sûrement, riche et apaisant. Une présence plutôt masculine, timide, mais constante, rassurante. Mais étrangement je l’associerais à l’élément eau. La nuit passée avec un brin sous l’oreiller a été fertile de rêves inspirants et paisibles. Puis, quelques nuits après, j’ai rêvé que j’offrais, ou qu’on m’offrait je n’arrive plus à me souvenir, un bouquet de cette plante, et ça a en quelque sorte scellé le pacte.
Les quelques recherches faites après coup sur les propriétés de la plante on semblé confirmer mes intuitions puisque le Gaillet est légèrement sédatif, sudorifique et dépuratif en usage interne, et il est, en externe, un apaisant et cicatrisant cutané très efficace !
Chose amusante, même si le nom de Gaillet vient du fait qu’il ait été utilisé pour faire cailler le lait, il peut servir à fluidifier le sang.
Mais toutefois il peut causer vertiges, maux de têtes et pertes hydriques trop importantes si pris en surdose alors méfiance tout de même.
Et certains disent que comme d’autres membres de la famille des Rubiacées, on peut extraire une teinture rouge des racines du Gaillet (il paraîtrait que la plante colorerait en rouge les os des animaux qui en mangeraient trop souvent), et ça, ça me botte carrément, j’attendrais la fin de la floraison pour essayer ça ! La tambouille avec les plantes tinctoriales c’est mon dada.

Quand aux propriétés magiques, Cunningham associe le Gaillet (tricorne, G. Aparine cette fois) à Vénus, à l’eau et à la féminité. Il dit que le Gaillet est une plante d’amour et de sexualité mais avec « une nette odeur de souffre » if you know what i mean.
L’Aspérule quand à elle, est associée à Mars, au feu et au pouvoir masculin. Elle est dite attirer la victoire, ainsi que les biens matériels, en plus de posséder un pouvoir de protection. Un bracelet fait des rhizomes de la plante aiderait son porteur lors de compétitions.

Voilà donc pour le petit tour d’horizon de cette plante, dont je n’ai encore qu’effleuré la surface, j’ai encore plein d’expériences à faire !

Les Esprits du Foyer

Aujourd’hui on va parler de magie du foyer, et plus précisément, des esprits rattachés à la maison !

Parce que mine de rien on a beau être des sales païens qui passent leur temps à gazouiller dans les bois, on a quand même un foyer à nous. Et ce foyer est habité par une myriade d’esprits domestiques différents selon les cultures et les pays, domovoï dans les pays Slaves, brownies en Écosses, ou encore lares en Rome Antique. Mais cependant, tous ces esprits sont des « colocataires » en quelque sortes, et je me pencherais plutôt sur l’Esprit du foyer en lui même. L’esprit rattaché à la maison, le gardien des lieux (c’est un peu le concierge somme toute).
Alors plutôt que de faire un long pavé indigeste sur le sujet, on va prendre un exemple simple, notre ami Calcifer !

Pour ceux qui n’auraient pas vu le Château Ambulant, (filez le voir il en vaut la peine !) Calcifer est le feu qui brûle dans l’âtre du château, comme la majorité des esprits du foyer (le domovoï vit derrière le four), car l’âtre était le point de ralliement de la famille; aujourd’hui les esprits auraient plutôt tendance à se cacher dans la cuisine,ou dans la chaufferie, car c’est une partie chaude sombre et assez reculée de la maison, tout dépend de la personnalité de l’esprit !
On pourra donc lui dresser un autel, ou poser un objet représentatif pour l’esprit, dans la pièce qu’il fréquente, pour créer une base matérielle qui pourra aider à la communication.

Depuis cette place centrale, Calcifer décide donc de qui rentre et de qui sort, protège les habitants des dangers extérieurs. Car l’esprit du foyer s’occupe aussi de garder les mauvaises influences à la porte, il botte les fesses des indésirables qui voudraient s’incruster et laisse rentrer les bonnes énergies. Il convient donc de le prévenir des invités, qu’ils soient humains ou non, à l’avance, histoire qu’il sache à qui il a affaire, que vos invités ne se retrouvent pas avec un esprit domestique sur le dos.

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Enfin, notre feu démoniaque anime la baraque, gère l’eau chaude et fait tenir le château debout. Traditionnellement les esprits du foyer gardent les plantes en bonne santé, protègent et rendent heureux les enfants et les animaux, en plus de prévenir tous les petits problèmes qui pourraient survenir comme, les problèmes d’humidité, ou la nourriture qui passerait trop vite.
Mais en contrepartie, notre ami Calcifer doit être alimenté régulièrement et on doit lui témoigner du respect. Respecter votre habitation passe par une présentation des nouveaux arrivants lorsque vous emménagez dans un nouveau foyer, un nettoyage régulier, physique et énergétique des lieux, ainsi que des offrandes régulières.
Parce que les offrandes c’est la base de tout ! Il y a toujours un cadeau à donner aux esprits, et ça aide grandement les relations. Vous pouvez laisser un peu de votre repas devant la statuette, sur l’âtre, sur la table, sur l’autel, ou même convier directement l’esprit à manger avec vous. Servez lui un verre lors d’occasions spéciales, allumez un encens… les possibilités sont infinies !

Encens du foyer de Scott Cunningham  : 
– 2 parts de Sang de Dragon
– 2 parts de Myrrhe 
– 1 part de Genévrier
– 1/2 part de Sassafras
– 1/2 part de fleur d’Oranger
– 1/2 part de pétales de Rose

à brûler pour un foyer aimant, chaleureux et protégé,
cet encens peut très bien convenir comme offrande à l’esprit du foyer. 

Cela-dit, une maison a rarement une personnalité hautaine, ce sont généralement des esprits très familiers et bavards, les relations sont rarement conflictuelles et même souvent conviviales. Il n’y a pas besoin d’avoir pour votre maison la révérence que vous auriez pour un dieu ou un esprit inconnu, votre maison est plus un très bon ami qu’autre chose, si tant est qu’on prenne la peine de la connaître, partagez une tasse de thé avec elle, un biscuit, est discutez !

Mais malgré tout, gare à vous si vous ne respectez pas votre esprit : les problèmes s’accumuleront dans votre maison, il pourra venir vous pincer pendant la nuit pour que vous effectuiez les tâches que vous n’avez pas fait durant la journée, ou vous empêcher de dormir en faisant grincer la charpente et un climat déplaisant s’installera au sein de votre foyer et il rendra votre cuisine détestable !

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Vous avez donc tout à gagner à bien vous entendre avec l’esprit de votre foyer, il vous le rendra bien ! :D

 

Et en bonus ! Quelques petits charmes du foyer ! (source)

♦ Une pointe de flèche sur les fenêtres ou les portes garde les voleurs au loin.
♦ Trois cercles de craie blanche sur l’âtre protègent le foyer, car la cheminée étant une voie de passage magique importante, elle se doit d’être protégée.
♦ Un bol de lait placé près de l’âtre ou de la porte principale ravira les ancêtres et les esprits qui passeraient par là.
♦ Claquez les portes pour chasser les mauvais esprits !
♦ Parsemez du sel sur les bordures de fenêtres pour éviter toute malchance.
♦ Placez un plant de genévrier en pot devant votre porte pour décourager les voleurs.
♦ Un grillon dans la maison apporte le bonheur.
♦ Lancez du sel derrière un invité indésirable pour écourter sa visite.
♦ Lancer des herbes protectrices dans les flammes protégera la maisonnée.

Du thé à l’armoise.

La pleine Lune approche, les esprits s’éveillent, les augures planent.

Tasséomancie

And the chorus said to me, don’t be unwise.

Des feuilles jetées ans le fond d’une tasse. De l’eau bouillante. Infusion des pouvoirs.
Prière des Autremondes.
Thé brûlant bu avec délectation. Trois tours. Trois coups. Révélation.
Les signes sont confus, mais la chorégraphie s’éclaircit peu à peu, délivre ses messages.

Bouc. Bateau. Oiseau.

 

Soulagement, pas de Sinistros pour cette fois.

And the poet said to me, don’t be unkind.

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Comment conserver des parties animales et comment les intégrer à votre pratique ?

Âmes sensibles s’abstenir, on fouille les tripes !

J’utilise beaucoup les plantes et les morceaux d’animaux dans ma pratique. J’aime moins les pierres, qui, même si elles peuvent être de formidables alliées, ont une énergie que je sens moins.

Pour utiliser les plantes, rien de bien compliqué : on récolte, on trie un peu, on sèche, on entrepose et on utilise à volonté. Mais pour ce qui est des vestiges animaux, ça devient un peu plus compliqué.
En effet un cadavre, on le trouve rarement frais, et même si c’est le cas, il va vite se décomposer, attirer les insectes nécrophages, sentir, pourrir. Si bien qu’on préfère généralement éviter d’utiliser des parties animales dans la pratique, du fait de leur difficulté de conservation. Mais pourtant avoir une partie animale avec soi quand on ritualise, quand on médite ou dans la vie de tous les jours, peut aider à se rapprocher de son totem, protéger ou attirer la bonne fortune. Et puis laisser se perdre les plumes fauves d’une grive, la douce fourrure d’un renard ou les délicats ossements d’un amphibien serait du gâchis. On va donc voir comment conserver tout ça !

Attention cependant, certains animaux sont protégés et la possession des dépouilles est régulée ou interdite, veillez à bien vérifier quelles sont les lois en vigueur pour éviter tout problème !

Vous aurez tout d’abord besoin d’un animal, mort. Je ne fonctionne qu’avec des animaux que je trouve morts, par principe. Qui sera donc notre base de travail. Prenez des gants pour les manipuler (surtout si la mort est récente, il peut rester un risque de transmission de parasites), et éventuellement un masque si l’odeur de cadavre agresse vos narines délicates de brûleur d’encens. Adressez une prière, un chant funéraire, un remerciement à l’esprit de la bête, faites une petite offrande (j’insiste sur ce point, on se doit de respecter le don fait par l’animal). Puis, installez vous avec votre macchabée et, let’s begin !

Pour récupérer des membres

Tels qu’une patte, une aile ou une queue, le séchage semble être la meilleure solution.
Il va falloir tout d’abord vérifier que la partie désirée soit saine. Si la pourriture a commencé à ronger les chairs, que des asticots y ont élu domicile ou autres délices, c’est exit. On peut essayer d’éliminer la partie gâtée, mais il reste un risque que le problème continue de s’étendre.
Une fois le premier repérage fait, on rentre dans le vif du sujet (c’est le cas de le dire héhé). On va tout d’abord inciser proprement la chair autour d’une articulation, afin de la dégager. Puis on va couper les tendons qui relient les os, et séparer ces derniers délicatement pour éviter d’abîmer tout ça.
Une fois votre animal mis en pièces, on passe au séchage.
Prenez vos morceaux et mettez les dans une boîte (non hermétique) remplie de sel, de farine de maïs ou de borax, en mettant la partie à vif dans votre poudre pour que l’humidité soit bien absorbée et fermez la boîte. Laissez-les y pendant environ deux semaines (tout dépend de la masse de chair présente) ou plus. Puis sortez vos trophées de leur boîte et nettoyez-les des restes de sel / farine / borax à l’aide d’un pinceau et d’une petite brosse.

Tips :

♦ Vérifiez de temps en temps qu’aucune odeur témoignant de la décomposition d’un membre ne s’échappe. Si c’est le cas écartez au plus vite le membre concerné pour éviter que cela ne s’étende aux éventuels autres parties animales présentes dans la boîte.
♦ Attention, les chairs seront momifiées à la fin du processus de dessiccation, elles seront donc rigides, recroquevillées, et impossibles à changer de position, il faut donc penser à épingler (par exemple) le membre si on veut lui donner une forme particulière.
♦ Veillez à les conserver dans un endroit sec pour ne pas qu’ils prennent l’humidité et se mettent à se décomposer.

Pour conserver les organes

Comme les yeux ou le cœur. C’est le même processus (un peu plus trash quand même) que pour les précédents morceaux : on vérifie l’état, on coupe proprement et on met à sécher dans une bonne quantité de dessicant, un peu plus que pour les membres externes cependant, puisque les organes contiennent plus d’eau.

Pour récupérer les os. 

Si votre dépouille est à un stade de décomposition trop avancé, que vous ne voulez pas vous risquer à la découpe ou que seul le squelette vous intéresse, vous pouvez récupérer les os de votre animal. Pour cela plusieurs méthodes et variantes.

 ♦ Retirez la chair, vous pouvez faire ça avec vos petites mimines, travail long et salissant s’il en est, ou laisser la nature faire le boulot. Pour ça, mettez la dépouille en plein air, dans un grillage ou un contenant percé pour éviter que des renards chapardeurs vous piquent votre butin, puis laissez faire. Attention cependant aux os de petits animaux qui pourraient être perdus. Vous pouvez donc laisser la nature faire tout le boulot, ce qui prend bien un an, ou bien récupérer les os une fois le plus gros enlevé pour continuer vous-même.

 ♦ La macération ! Si vos os sont bien propres ce n’est peut-être pas nécessaire, mais si il reste des petits bouts accrochés çà et là, c’est passage obligé. Vous allez donc prendre vos jolis petits os cliquetants et les mettre à macérer dans l’eau pour que les bactéries finissent de nettoyer tout ça. On peut ajouter à l’eau des enzymes qui accéléreront le processus qui peut prendre entre deux semaines et un mois, voire plus. Attention cependant, comme vous pouvez vous en douter c’est une étape très odorante, donc ne renversez rien et mettez votre contenant dehors (à part si vous aimez la douce odeur de charogne au pied du lit et là c’est une autre histoire).
Cette phase de macération permet aussi de dégraisser l’os si il est issu d’un animal mort récemment. En effet la graisse, si elle n’est pas ôtée de l’os, peut poser des problèmes à la longue, jaunir l’os, le rendre gras (logique implacable) ou autres joyeusetés. On peut donc, une fois toute chair éliminée, changer l’eau du bain et y mettre du savon pour peaufiner le dégraissage.

♦ Vient ensuite le passage du blanchiment. En effet, vos os ont beau être tout propres, ils peuvent ne pas être d’une couleur à votre goût. Et c’est là que notre amie l’eau oxygénée entre en jeu. On va plonger ces jolis osselets dans un mélange d’eau et d’eau oxygénée moitié-moitié qui aura pour effet de les blanchir et de les désinfecter. Le temps de trempette dépendra de la couleur que vous désirez, mais rappelez-vous que l’os sera légèrement plus sombre dans l’eau qu’une fois sec.
Une fois cette phase de décoloration terminée, certains aiment donner des teintes à leur os, pour cela, encore de la macération ! Dans du thé, de la garance, ce que vous voulez, vous êtes libre de ce côté là !

Choses à ne pas faire cependant.

 ♦ Ne faites pas bouillir vos os, si il reste de la graisse, elle se liquéfiera avec la chaleur et s’infiltrera dans l’os où elle sera impossible à retirer et remontera fatalement un jour où l’autre, rendant vos os ternes, graisseux et jaunâtres.

♦ Et deuxième chose : la Javel. Certes c’est un excellent agent blanchissant et désinfectant, mais elle s’infiltrera dans l’os et va le rendre poreux, en résultera un os friable qui ne durera qu’un an ou deux avant de tomber peu à peu en miettes, ce qui serait dommage étant donné le boulot fourni.

La liste des parties récupérables donnée ici n’est pas exhaustive, mais n’ayant pas l’expérience nécessaire,
je préfère ne pas me prononcer au risque de vous induire en erreur.

Vous voilà donc avec de belles reliques prêtes à l’usage ! Mais quel usage ?

Ces reliques doivent être traitées avec respect, l’animal a offert son corps, on se doit d’en prendre soin. Conservez-les donc dans une boîte, décorée selon vos soin, doublée de tissu pour ne pas abîmer vos précieux trésors en cas de déplacement (j’aime beaucoup ceux-là). Donnez leur un peu d’attention de temps en temps, une petite offrande (j’aime beaucoup les offrandes), dépoussiérez-les si besoin est, etc.
Maintenant vient la question de la pratique. Que faire avec tout ça ?
♦ Les plumes, et les ailes peuvent être utilisées pour éventer les fumigations, faire voler des sorts, symboliser le silence.
♦ Les yeux peuvent protéger, surveiller et deviner.
♦ Le coeur peut devenir un témoin du coeur d’une personne, peut aimer, peut faire vivre.
♦ Les dents peuvent accrocher, mordre, ne plus laisser partir, elle peuvent protéger et attaquer.
♦ La langue peut parler, mentir, se taire, murmurer, faire passer un message.
♦ La fourrure peut aider à se transformer, se cacher et tromper les apparences.
♦ Une partie du corps de votre totem, guide… peut aider à renforcer le lien entre vous.
♦ Et vous pouvez continuez ainsi pendant longteeeemps.

Vous voilà donc parés pour devenir des deathworkers ! Des collecteur d’os et de cadavres ! Des sorciers(ères) gores, folkloriques !

Escapade matinale.

J’ai profité d’une nuit blanche involontaire pour aller vagabonder dans les bois et les champs ce matin, dans l’espoir que la lumière matinale puisse produire quelques belles images.
C’est après avoir cueilli un brin de fougère que mon œil d’artiste s’est réveillé, et que la première rencontre de cette balade a eu lieu.
Dans un champ encore sombre et recouvert de rosée, de toiles d’araignées perlées tendues entre les brins d’herbe. Une libellule, encore endormie, agrippée à un jonc, et recouverte de gouttelettes, attendant la chaleur du jour pour s’éveiller.

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Puis des trouvailles ont suivi, une plume de buse, une autre de pigeon…

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Et enfin, quelques os, dispersés sur un talus, visiblement les restes d’un pigeon qui aura vraisemblablement servi de repas à un prédateur. Les corneilles ont croassé quand je m’en suis approché, « Ils sont à nous. » Je me suis donc contenté de les prendre en photo :o)

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Et enfin, un petit bout de mousse m’a servi à réaliser une nature morte, lovely. Des fleurs devraient rejoindre ce bourdon une fois séchées. Du gaillet blanc, à la délicieuse odeur miellée, et du trèfle blanc, dont les abeilles raffolent.

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Je commence doucement à travailler avec les abeilles, et Dieu sait que l’éternel flemmard que je suis en a besoin ;)